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Le problème avec les vieux mâles blancs du vin

Avertissement préalable : tous les vieux mâles blancs du vin ne posent pas de problème (je ne suis d’ailleurs pas loin, à 46 ans, d’en être un moi-même), mais tout le problème semble venir de vieux mâles blancs du vin. Surtout, derrière ce titre délibérément provocateur, il y a une réalité qui, si elle est évidemment loin d’être propre au seul milieu du vin, s’y manifeste violemment.

Ainsi, en France, une caste constituée d’hommes, tous blancs, tous âgés de 50 à 70 ans environ, tous pros et critiques de vin, tous affublés d’un bon vieux sentiment de supériorité, fait régner dans le monde du vin ce qu’il faut bien appeler, excuse my french, une ambiance de merde. Quand ils ne se livrent pas tout simplement au dénigrement, aux insultes, au harcèlement et aux menaces, notamment à l’égard des femmes.

Les prédateurs ridicules (capture d’écran « Nemo », Disney/Pixar, DR)

Fin de règne réactionnaire

Il y a au moins une raison à cela. En effet, leur règne, qui dure pour certains d’entre eux depuis deux ou trois décennies, est sur le point de s’achever ; une nouvelle génération est en train de s’affirmer, plus jeune, plus féminisée, plus progressiste, qui menace directement la vieille hiérarchie à laquelle ils s’accrochent pourtant comme des boutons de fièvre sur une vilaine lippe. Ce changement est irrésistible, mais ils ne tomberont bien sûr pas de leur petit sommet, réel ou fantasmé, sans se débattre (ça peut rappeler un certain président d’outre-Atlantique) ; et n’ayant au fond aucun argument solide, légitime, pour ce faire, ils versent désormais, presque systématiquement, dans le dénigrement, l’insulte, voire le harcèlement et les menaces. Ils n’ont pas le choix, tout le reste leur échappe : le monde du vin les a pris de vitesse. Ils ont loupé le coche, à peu près tous les coches, celui du vin naturel, celui de la féminisation du vin, celui d’internet et de son horizontalité (qui implique un minimum de bienveillance), etc. Et ce futur désormais très présent, ils le méprisent, ils l’abhorrent. En vérité, ils sont complètement dépassés, has-been à environ 360°, et pour conserver un semblant de dignité dans ce monde qui leur ressemble de moins en moins, ils ont choisi l’indignité, crachant leur mépris – leur haine, souvent – sur tout ce qui n’est pas comme eux, proférant publiquement insultes et attaques personnelles, dénigrant joyeusement, menaçant parfois en coulisses. Un comportement qu’il est grand temps de dénoncer ouvertement. Ce que nous allons faire aujourd’hui, à la lumière d’un événement récent.

« En Magnum », la goutte de trop

La publication dans le dernier numéro du magazine spécialisé En Magnum d’une caricature dégradante, sexiste, mettant en scène une jeune femme agente en vins proposant des faveurs sexuelles à un caviste en l’échange d’un gros volume d’achat de vin, sans nuances ni humour sinon le plus limité qu’on puisse concevoir, a logiquement provoqué un tollé.

La caricature d’En Magnum
(crédits photo @toutounistar / Twitter)

En première ligne, l’autrice, journaliste et caviste Sandrine Goeyvaerts qui a rapidement interpelé les éditeurs de ce magazine, Michel Bettane et Thierry Desseauve, d’ailleurs auteurs de guides et promoteurs de salons des vins, pour leur demander des explications sur ce choix éditorial atterrant. Aucune n’est venue, sinon quelques borborygmes à propos de la liberté d’expression (les gars à deux doigts de se prendre pour Charlie Hebdo ; ils ont d’ailleurs bientôt osé reprendre à leur compte le carré noir « Je suis… » en remplaçant « Charlie » par « Régis Franc », du nom de leur dessinateur). Ni non plus bien sûr la moindre excuse, ou même un semblant de remise en question. En revanche, des insultes et menaces ont rapidement fusé.

Insultes, menaces et délire politique

Pour commencer, le rédacteur en chef du magazine en question, Nicolas de Rouyn, sbire en chef de longue date du duo Bettane et Desseauve, s’est senti autorisé à envoyer des SMS menaçants à Sandrine Goeyvaerts, concluant tranquillement sa rafale par celui-ci :

« Si tu cherches la bagarre, je ne manque pas de moyens. »

A court d’arguments, il a ensuite insulté différentes personnes (votre serviteur est un « chacal distillant de la merde », les femmes qui réagissent des « indignées de bazar », et celles et ceux osant émettre des critiques appuyées forcément issu·es d’une, sic, « neo-fachosphère d’ultra-gauche »). Même son de cloche vaguement politisé chez son patron Michel Bettane, qui taxe carrément « d’apprenti fasciste » ou « d’ignominie fascisante » les « pauvres types » qui oseraient mettre en question le bien-fondé de cette caricature. Cette obsession sémantique autour du fascisme est d’ailleurs intéressante quand on sait que le rédacteur en chef d’En Magnum ne cache pas sa sympathie pour les idées d’extrême-droite. On notera encore qu’en réponse à une ancienne journaliste ayant collaboré à son magazine, laquelle a osé critiquer la fameuse caricature, ce dernier se réjouit de savoir « écarter les gens qui sont à côté de la plaque ».

A Ophélie Neiman, journaliste au Monde bien connue dans le milieu et dont le professionnalisme est régulièrement salué, mais qui a elle aussi cru pouvoir mettre en question l’intouchable caricature (qu’elle trouve à la fois ratée et sexiste), c’est le patron lui-même, Michel Bettane, qui s’est cette fois fendu de quelques SMS, également menaçants. Morceaux choisis :

« Tu n’es qu’une arriviste » ; « mais tu en assumeras les conséquences ».

Vertigineux. Mais courant chez Michel Bettane, qui aime à distribuer les points, les mauvais surtout, depuis son trône imaginaire.

Par ailleurs, pour couper immédiatement court à cette histoire de « gauchosphère pinardière », d’après l’expression d’un autre collaborateur d’En Magnum, on se contentera de signaler que la Fédération des cavistes indépendants (FCI), association à but non lucratif qui rassemble des centaines de cavistes en France et dont la neutralité politique est évidente, a spontanément publié un long texte pour dénoncer à son tour cette caricature, dont voici un bref extrait :

« Non, ce n’est pas ainsi que les femmes engagées dans la vente des vins et des spiritueux se comportent ! Ce dessin semble plus reprendre un fantasme de dessinateur qu’une réalité quotidienne ! »

A noter que nous avons également contacté cinq des plus gros annonceurs du magazine En Magnum – Veuve Clicquot, Bollinger, Laurent-Perrier, Lanson, La Chablisienne – pour connaître leur point de vue quant à la présence d’une telle caricature aux côtés de leurs marques dans les pages d’un magazine par ailleurs tout ce qu’il y a de plus classique. Nous éditerons cet article si leurs réponses nous parviennent un jour.

Cette bonne vieille solidarité toxique

Ce genre d’événements a aussi tendance à réveiller la caste que j’évoquais en début d’article. Tous ou presque, comme un seul homme, sont en effet venus défendre cette caricature et, en creux, leur clan :

  • avec des explications parfois mesurées, mais pour le moins bancales (« il faudrait savoir quelle était l’intention du dessinateur », demande en substance le journaliste Pierre Guigui, comme si l’intention changeait quoi que ce soit à la réception) ;
  • ou appelant, selon une éternelle rhétorique masculiniste, à mieux hiérarchiser les combats (« les féministes de la dernière heure et celles et ceux qui font du business en sexuant [sic] le vin feraient mieux de défendre autrement la cause qui les préoccupe », poursuit Pierre Guigui) ;
  • le mépris habituel (« laissez hurler les cons et ne changez rien », prescrit le critique Eric Boschman) ;
  • la relativisation (André Furster, œnologue, comparant sur son blog cette caricature à diverses étiquettes de vin à caractère plus ou moins sexuel, ou encore à des soirées « lubrifiées au vin naturel », confondant ainsi ingénument sexualité et sexisme, ou, plus absurde encore, comme si une éventuelle manifestation de sexisme ici pouvait en excuser/justifier une autre là) ;
  • la victimisation (grandiose Gilles Durand Daguin, journaliste, sous le pseudo de Coureur Devin, qui s’est ému de cette « époque, où la moindre féministérique [sic] s’étrangle en voyant un dessin de sein sous une robe », qui estime donc qu’il faudrait « que nous [les hommes] cessions d’être harcelés et agressés par les agitées, revanchardes, hargneuses » et que « le dessin, s’il est sexiste, l’est plus particulièrement envers les hommes » – n’en jetez plus, le verre à male tears déborde) ;
  • ou encore des pulsions brutales bien plus imagées (« le Tweetbunal des poissardes je l’encule à sec », éructe le blogueur Vincent Pousson, qui tient aussi « à mettre en perspective, parce que des femmes qui font la pute dans le mondovino ça ne manque pas » ; il précise encore, si ce n’était pas assez clair : « des grandes putes blondes qui tapinent pour vendre des vins fins il y en a des centaines dans le monde, au minimum »).

Un harcèlement en bonne et due forme

Côté insultes et dénigrement, à elle seule, Sandrine Goeyvaerts a eu droit aux qualificatifs suivants : « psychotique », « psychologiquement instable », « tapin », « pute ». Sans compter les attaques sur ses qualités de « pseudo-caviste » (elle qui fête ces jours-ci ses dix années dans la profession), sur son travail de journaliste ou sur son physique. Ajoutez à cela les menaces et vous obtenez un harcèlement en bonne et due forme.

Et ce ne sont là que quelques exemples parmi les plus explicites, mais nombre d’autres hommes ont ricané avec eux, « sorti le popcorn », liké, relayé, alimenté la machine à dénigrer, validant ainsi le système oppressif en place qui s’efforce d’écraser toute contestation, notamment féminine, à ce vieil ordre finissant de mâles blancs.

Liberté d’expression à sens unique

Resituons un instant le contexte pour bien mesurer toute l’étendue du problème : à des critiques légitimement formulées à l’encontre d’un dessin publié dans un magazine par ailleurs très BCBG – dessin jugé sexiste et dégradant, en particulier par de très nombreuses femmes – notre caste de vieux mâles blancs a répondu immédiatement et presque systématiquement par le mépris, le dénigrement, l’insulte, le harcèlement, voire les menaces.

Quant au seul vague argument qu’ils ont réussi à produire pour leur défense, à savoir la liberté d’expression à laquelle ils semblent tellement attachés, elle ne fonctionne manifestement qu’à sens unique (leur sens, bien sûr). Aucun d’entre eux n’a seulement considéré le fait que des centaines sinon des milliers de personnes ont trouvé cette caricature à la fois très mauvaise, dénuée du moindre soupçon d’humour (ce qui est indispensable pour une caricature digne de ce nom, c’est d’ailleurs l’un des principes de validation chez Charlie Hebdo), et profondément dégradante – de ça ils n’ont cure, leur petite caste se serre les coudes, et peu importent le contexte, les faits, la réalité. Pour eux d’ailleurs, dans une inversion parfaite du réel, « la meute » c’est les autres.

Le problème, on l’aura compris, n’est alors plus seulement la caricature elle-même (qui est certes très mauvaise et d’une misogynie pénible, et peut-être ou peut-être pas inspirée d’une agente réelle, certain·es y ayant reconnu l’agente parisienne Fleur Godart, mais en tout cas parfaitement légale) ; non le problème, ce sont bien évidemment surtout les réactions – mépris, dénigrement, insultes, menaces – de tous ces hommes vis-à-vis des personnes, femmes en tête, dont le seul tort est d’avoir émis des critiques sur la qualité et le bien-fondé d’une telle caricature. C’était leur droit ; la caste non seulement ne le leur reconnaît pas, mais elle les agresse en retour.

On appréciera aussi l’ironie qu’il y a à voir notre petite caste, dressée sur ses ergots, surjouant l’outrage, se drapant dans son droit inaliénable à la liberté d’expression – tandis qu’elle le balaye de toutes ses forces dès lors qu’il se retourne, à juste titre, contre elle.

Un milieu plus permissif que la moyenne

En 2020, à l’ère bienvenue de #MeToo, dans la plupart des autres milieux professionnels, un tel boys’ club aurait probablement été mis en cause depuis un moment, leur comportement à base de mépris, d’insultes, de menaces et de dénigrement publique, en particulier à l’égard des femmes, leur aurait coûté tout ou partie de leur position (plus ou moins) élevée dans la hiérarchie locale. Mais ce milieu professionnel – encore plus blanc, plus masculin et plus privilégié que la moyenne – est refermé sur lui-même, assez étanche finalement, et par conséquent probablement plus permissif.

Le « Me Too » du vin, c’est pour demain ?

Que faire alors ? Eh bien, pour commencer, ce que nous faisons ici, à savoir dévoiler et dénoncer publiquement ces comportements, au mieux problématiques, au pire insupportables, qui perdurent d’ailleurs pour certains des individus cités depuis des années, en toute impunité, revenant régulièrement sur les écrans comme des vagues de bave nauséabonde.

Cette fois, pourtant, une plainte a failli être déposée. Il s’en est fallu de peu. Hélas, après des échanges en interne de l’équipe d’En Magnum suite aux proportions que prenait l’affaire, notre petite caste s’est évertuée à effacer la plupart des messages d’insultes et de dénigrement qu’elle avait semés sur internet avant qu’un huissier puisse en constituer des copies de première main – indispensables pour entamer des poursuites judiciaires. Les copies et captures d’écran réalisées par des particuliers ou même des journalistes ne seront en effet a priori pas suffisantes. Dommage. Mais ces grands défenseurs de la liberté d’expression semblent au moins avoir compris que leurs propos, en l’occurrence, ne relevaient pas du tout de cette fameuse liberté, mais étaient bien plutôt passibles de poursuites ; c’est déjà ça.

« Harcèlement en meute »

Et si cela se reproduisait, avec des huissiers cette fois au taquet, que risqueraient ceux qui seraient déclarés coupables ? Eric Morain, avocat bien connu (et redouté) dans le milieu du vin, évoque notamment concernant le préjudice subi par Sandrine Goeyvaerts un délit de harcèlement en meute (article 222-32-2-2 du code pénal), soit 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Gardez ça bien au chaud dans un coin de votre tête, les gars (et oui, « la meute » c’est vous).

Cette séquence lamentable aura donc peut-être au moins une ou deux conséquences justes, nécessaires. Celle d’assainir l’ambiance, d’abord, soudain libérée de cette caste toxique qui s’est effacée dans un silence lâche, comme un seul homme, à l’instant précis où des conséquences potentiellement judiciaires se sont profilées. Et aussi d’identifier les solidarités, sororités et mecs alliés ; une levée de boucliers mixte contre ces nouveaux hystériques.

Et quoi qu’il en soit, ça suffit. C’est terminé. Basta. Désormais, on vous a à l’œil, les VMB, et on ne laissera plus rien passer.

To English readers: the excellent wine journalist Aaron Ayscough has translated our article about recent sexism and harassement issues in French wine world, involving among others the FrenchRobert Parker, Michel Bettane. A piece to read: The Old White Men of Wine.

Par Antonin Iommi-Amunategui

Rédacteur en chef

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Jean-no
3 années il y a

Je me demande ce qu’a voulu dire Régis Franc, qui à vrai dire un un grand auteur de bande dessinée dont je dois avouer que j’ignorais qu’il produisait encore. Il a eu une œuvre expérimentale assez brillante dans Charlie (Mensuel… Avec comme rédacteur-en-chef George Wolinski, comme quoi on en revient bien à Charlie !) ou dans Le Matin de Paris avec « Le Café de la plage ». Comme dessinateur d’humour, avec son « Tonton Marcel », qui faisait de Marcel Dassault un personnage, il a eu son heure.
Bref, un auteur qui a ses états de service pour lui, mais il est certain que ce dessin-là n’est au minimum pas fameux, et qu’on peut le juger sexiste (mais on peut aussi choisir de penser qu’il dénonce une instrumentalisation des femmes ou que sais-je – il faudrait comprendre à quoi, précisément, il est fait allusion).

Dédé
Dédé
3 années il y a

Merci pour ce bel article. Et soutient complet aux gens comme vous qui font bouger les choses. Je suis surpris de savoir que cet homme « Nicolas de Rouyn » exerce encore sa triste et néfaste influence dans ce métier à coup d’extrémisme à peine dissimulé. La seule fois où j’ai pu le croiser, il m’avait déblatéré des arguments d’un autre temps, et c’était déjà il y a plus de 5 ans … suffisamment pour me dégoûter de ce milieu quelques années.

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[…] l’affaire a pris de l’ampleur. Selon Antonin, Sandrine Goeyvaerts (journaliste et caviste belge) a demandé des explications et aurait « eu […]

Roberto
3 années il y a

Laissons le vieux monde crever, il n’en vaut pas la peine. Ou plutôt, mettons lui le pied sur la gueule pour l’aider à se noyer. Tous ces VMB sont bouchonnés, ils finiront bientôt dans l’évier, et dans l’oubli. Bravo à vous tous, le combat continue.

Fred La Quincave
Fred La Quincave
3 années il y a

C’est bien crasseux tout ça…..
Les mots de ces « VMB » sont d’une redoutable violence. Sûrement à la hauteur des privilèges qu’ils ne veulent pas lâcher. Une grande vigilence s’impose ….
L’affaire des caves Auger n’a pas limé les dents de ces requins.
Merci Antonin pour cette piqûre de rappel.
Mon total soutien. Fred

Lalbin
Lalbin
3 années il y a

Je réitère mon propos
Ce qui est d’autant plus dommage c’est que depuis des années ces personnes sont connues et identifiées de la caste des professionnels mais que personnes n’a rien dit que tout le monde continu de les inviter de rire de leur blague de cautionner leur travail ! Que ce milieu de ces vieux blancs ont des postes clefs dans un milieu ou quand même la menace l’intimidation la nuisance le dénigrement la violence tout cela avec beaucoup de lâcheté est monnaie courante ! Alors oui 3 fois oui vivement que l’on tire la chasse une bonne fois pour que cette odeur de merde s’en aille !!

yann Bertel
yann Bertel
3 années il y a

Merci pour ce papier utile, qui doit permettre de faire réfléchir certaines personnes. Il n’est jamais trop tard pour changer. 😉

Véro Attard
3 années il y a

Merci Antonin pour cette remise en perspective bien vue. Il y en a dont tu ne parles ici, pour moi les pires : ceux qui font semblant. Semblant de prendre un virage et d’être pour la cause des femmes, tout en continuant de poser négligemment leur main sur la cuisse des petites nouvelles venues..
On sait la valeur professionnelle de Sand et d’Ophélie. Toute insulte envers elles est une insulte aux professionnelles de ce milieu.
Qui valent, elles aussi, bien plus que ces propos de caniveau. Laissons ceux qui le font à ce niveau puisqu’ils s’y sont mis.
Et je ne parle pas de ce dessin..

Marie LOTTIN
Marie LOTTIN
3 années il y a

merci Antonin…. en prés de quarante années , dans le milieu… j’ai croisé , vécu, subi ces gestes, ces paroles, ces sous entendus… tes qualités professionnelles, en tant que femme, sont vouées au doute, remises en question.. alors tu fais attention à tes vêtements , aux mots, aux attitudes.. je me souviens d’une note, envoyée au père de mes enfants, lui disant qu’un article paru dans un magazine incontournable était du à éventuelles faveurs ou complicité douteuse de ma part…. Cette note était le fruit d’un vigneron, néanmoins ami… mais furieux de perdre sa suprématie.. la gifle envoyée à un importateur, dont la main s’était égarée .. en plain salon des vins…. et d’autres….mais somme toute, si j’avais choisi , en tant que femme d’être là, dans ce monde du vin fait pour les hommes… n’étais-je pas en recherche d’aventure…Ces toutes dernières années avec l’arrivée massive de femmes dans le monde du vin… de toutes mes sœurs ,vigneronnes, journalistes, commerciales le vent tourne…. j’espère que ce dessin sera le dernier soubresaut de » ces vieux mâles blancs du vin »… même si « ces vieux mâles du vin » ne sont toujours si vieux…. bises à vous…

Perraud Isabelle
Perraud Isabelle
3 années il y a
Reply to  Marie LOTTIN

Je suis tellement d’accord avec ce que dit Marie… sur le fait que nos compétence soient sans arrêt mises en cause, sur les blagues lourdes et déplacées, sur les dragues inappropriées, et sur le fait qu’on nous donne pas la parole.
Mais comme le dit Marie, on a un peu pris les rennes, on s’est donné des forces entre femmes. La sororité, quand elle existe, nous fait gravir des montagnes!
Bises à tous

Xiaoning Dorra
Xiaoning Dorra
3 années il y a

Ayant collaboré avec Bettane Desseauve pendant 6 ans, je tiens à dire qu’il n’y a aucun sexiste chez eux. AUCUN. Les fondateurs ont d’autres défauts mais sexiste n’en fait absolument pas partie.

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[…] French writer, Antonin Iommi-Amunategui, chronicled the events so far on his website (an English translation can be found here), saying that the “caste” of old men who have […]

Guillaume
Guillaume
3 années il y a

J’aurai plaisir à échanger avec vous. Pouvez-vous me contacter via Facebook : Guillaume Baroin Pro

Qu'importe mon nom
Qu'importe mon nom
3 années il y a

Je trouve ce sujet hautement problématique sur plusieurs points. J’espère avoir construit mon commentaire de façon à être clair et reflaitant au mieux l’image que j’ai en lisant cet article.

Un peu de contexte n’a jamais tué personne
Il faut noter que cette caricature de Régis Franc s’inscrit dans une série de planches. La première montre des vignerons comme la vision qu’on peut avoir de vieux paysans, la seconde les jeunes comme des révoltés écervelés, la suivante dépeint le portrait d’un vieux mal blanc du vin qui abuse de sa position avant d’arriver à la planche présentée dans cet article.

Peut-on critiquer une caricature ? Vous avez 4 heures
D’après le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales, une caricature est une « Image non conforme à la réalité qu’elle représente ou suggère, et par rapport à laquelle elle est une altération déplaisante ou ridicule. ». Une caricature est faite pour choquer et indigner et ainsi faire réfléchir les gens l’ayant vue. Ce dessin interpelle sur l’image passéiste qu’on peut avoir sur la place de la femme dans le monde du vin (le caviste est tout aussi caricatural que l’agente commerciale). Il me semble donc beaucoup plus féministe qu’il n’y parait une fois remis dans son contexte…

La fin justifie-t-il les moyens ? Vous avez encore 4 heures
Je tiens à préciser que je ne soutiens pas Nicolas de Rouyn pour ses positions politiques assumées qui me consterne. Et je constate qu’il m’énerve de plus en plus au vu des propos qui sont évoqués dans cet article. Non pas parce qu’il les a eu à l’encontre de femmes, mais bien de personnes.

Je ne soutiens pas plus Sandrine Goeyvaerts pour son « féminisme radical ». Habituée de l’exercice, elle ne montre que la partie des faits qui arrangent son discours. Celui qui propose un avis contraire (même constructif ou le plus impartial possible) est pointé du doigt comme sur thread Twitter, ou celui-ci qui lui ressemble plus.

J’ai arrêté de suivre l’un et l’autre depuis plusieurs années parce que leurs discours respectifs sont dirigés par leurs idéaux. Quelque soit l’extrémisme, qu’il soit politique, religieux ou idéologique est mauvais.

Le vrai problème du monde du vin
En définitif, le vrai problème du monde du vin n’est pas tant les hommes cisgenre blanc hétéro privilégié, mais plutôt l’ensemble de cette vieille génération de 40ans et plus qu’importe le sexe ou le rôle de la personne dans cette industrie. Laissez la nouvelle génération résoudre enfin les problèmes que vous avez créés ou n’avez pas su régler. Les vieux blogueurs, cavistes, sommeliers etc (qu’importe le sexe toujours) devraient laisser la place à la nouvelle génération. Nicolas de Rouyn et Sandrine Goeyvaerts sont les deux faces d’une même pièce. L’un ne pouvant pas exister sans l’autre et inversement.

Le monde de la bière a su se réinventer intelligemment, pourquoi pas le monde du vin ?

*La photo de ce commentaire représente parfaitement le problème qu’on peut avancer du féminisme à la Goeyvaerts. Je l’ai surtout ajouté pour trier les possibles réponses à ce commentaire et voir ceux qui l’ont lu et réfléchi.

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3 années il y a

[…] Cette autorité sera soudainement égratignée lorsqu’en novembre dernier, le duo autorise la publication, dans le numéro d’En Magnum qu’ils dirigent, d’une caricature de Régis Franc montrant une agente de vins vendant à la fois ses vins et ses charmes à un bistrotier ému. Les réseaux sociaux s’enflamment. La caricature n’est pas du meilleur goût, à la fois insultante pour les femmes et celles qui exercent ce métier. L’histoire n’aurait fait aucune vague si Michel Bettane et Thierry Desseauve s’étaient contentés de plates excuses, mais leur réaction a été toute autre. Non seulement la violence de Michel Bettane, en pleine perte de surmoi, s’est déversée en continu sur les réseaux sociaux, mais elle a aussi libéré une parole ouvertement sexiste et des comportements de harcèlement de la part de leurs nombreux amis comme l’a démontré méticuleusement Antonin Iommi-Amunategui dans son dernier article. […]

Morgane
Morgane
3 années il y a

Laisse-moi te chanter, d’aller te faire emmmmmm 🎶
J’en connais un qui éructe beaucoup le problème c’est qu’il habite à côté … Vincent mange un peu de verdure et ferme ta bouche !
Il faut leur dire, bordel !

Boutfaghoua bob
Boutfaghoua bob
3 années il y a
Reply to  Morgane

Je pense qu’ a mon humble avis ,les femmes ( œnologues ou spécialiste en marketing du vin )qui ont étaient victimes ou qui ont subit des agressions ou des avances a caractères sexuelles doivent faire bloc comme me to pour dénoncer ses apratchicks du pouvoir viniviticole de cette revue Magnum qui d après mon analyse commence a sentir l alcool frelaté … Désolé pour mon ignorance dans ce domaine vinicole , mais la justice devrait -être exercée par respect pour la vente féminine et pour notre Dieu bachus.
Bob Montréal .
PS je suis curieux de savoir s il y a eu d abus dans votre domaine du vin ( genre Epstein) abus de pouvoir ,de fonction ,et de status envers les femmes .j ai hâte de le savoir et s il s avère que oui , ça va faire l effet d une bombe atomique ou a neutrons .

Monnier
Monnier
3 années il y a

La liberté d’expression n’exclue pas qu’une caricature puisse être blessante pour un certain nombre de personnes. Si tel est le cas, le minimum de la bonne éducation est de s’excuser et non pas de réagir de façon stupide et dégradante voir très violente et meutrière. Un dialogue serein doit pouvoir s’établir entre les parties afin que l’évènement d’une rare bassesse éducationnelle dans une société civilisée ne se reproduise plus jamais. Il ne faut en aucun cas confondre bétise et humour, grossièreté et finesse. Un pays n’est fort que si ses citoyens sont profondément éduqués et par consèquent respectueux et très fins les uns envers les autres. L’éducation nous apprends que nous pouvons vivre dans la paix du verbe même si nous sommes différents ou pensons autrement. L’éducation est le fondement de notre civilisation et donc du vivre ensemble.

Monnier
Monnier
3 années il y a

Qui se souvient?
Sans doute pas les vieux mâles blancs aigris qui occupent l’hémicycle….c’est tellement naturel chez eux.
A l’Assemblée Nationale, en plein hémicycle des députés présents ont caricaturé, une femme, qui était en face d’eux digne et d’éducation irréprochable. Elle exposait son point de vu de ministre de la justice et de garde des sceaux.
Guenon retourne….! Lancent-ils! Cette caricature ignoble, blessante et volontaire n’avait aucunement sa place ici, car de guenon, il n’ en a jamais eu en pareil lieu!
Une sanction exemplaire aurait dû leur être donnée en les destituant de leur mandature! Ils ont sévi en tout impunité et méchanceté. Ils sont la honte de la France, de la République, les chantres de l’irrespect, de l’ignominie et de tout ce qu’il y a de plus bas, de plus reptilien chez un homme mal éduqué, peu civilisé et qui se croît au dessus des lois car il ne lui arrive jamais rien… Cet homme se croit donc tout permis! Il faut pourtant qu’il cesse!
Il est à craindre que beaucoup de ces hommes auraient aimé sévir ou ont sévi dans les Colonies françaises ou beaucoup d’atrocités, ignobles et peu avouables pour ne pas dire inhumaines se sont produites dans le silence, le mensonge et à l’insu de certaines personnes. Pas vagues, défendons nos intérêts et camouflons tout.
Depuis, j’ai honte pour notre belle République parce que j’ai honte de ces vieux mal blancs aigris par un monde qui change. Ils nous laisse entrevoir une République Coloniale qui a été plus qu’affreuse mais que ces lâches ont tout fait pour ne pas la laisser regarder.
Quel bel exemple de courage, d’éducation rayonnante pour nos enfants. Ils sont en grande partie responsable de ce qui se passe aujourd’hui. Et il faut que cela cesse!

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[…] pour retrouver la cagnotte Leetchi de soutien aux deux plaignantes dans l’affaire des caricatures, évoquée dans cet actualitron, c’est par […]

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[…] on s’expose à des réactions parfois virulentes. Dernièrement, pour avoir révélé des comportements objectivement très problématiques liés à une caricature publiée dans un magazine par ailleurs sans grand intérêt, je me suis […]